Laghouat
Le Café des Souvenirs
Forum n°1
Population : 328.000 habitants
Communes Laghouat : 24 - (code Wilaya : 03)
Aflou, Ain Madhi, Ait Sidi Ali, Beidha, Brida, El Assafia, El Ghicha, El Houaita, Gueltat Sidi Saad, Hadj Mechri, Hassi Delaa, Hassi R'Mel, Kheneg, Ksar El Hirane, Laghouat, Mekhareg, Oued Morra, Oued M'Zi, Sebgag, Sidi Bouzid, Sidi Makhlouf, Tadjemout, Tadjrouna, Taouila.
ORIGINE DU NOM : Il y aurait alors trois versions
- Le nom de Laghouat viendrait du mot arabe "Ghaout", qui signifie maison entourée de jardins, d'où le pluriel El-Aghouat.
- Il signifierait "les jardins" - à prononcer "larrrhouat"
- Ibn Khaldoun donne à ce nom une origine berbère : El-Aghouat signifie "montagne en dents de scie"
Fête du Printemps en Mars
Laghouat sous la neige en décembre 1999
Laghouat est le lieu où les monts de l'Atlas et le Sahara conjuguent leur beauté et leur charme étranges.
- Au sud, en dehors de l'Oasis, à perte de vue, c'est le désert ; c'est l'immensité inconnue et redoutable, c'est le silence extraordinaire et mystérieux.
- Au Nord les derniers contreforts de l'Atlas Saharien avec leur fraicheur et leur verdure. La ville porte orgueilleusement la qualification de "Porte du Désert".
- La ville se développe sur une sorte d'arête rocheuse qui jadis délimitait deux quartiers ennemis : le quartier des Ouled Serrin à l'ouest et celui des Hallaf à l'est.
- Sur le rocher des Chiens, la kouba de Sidi Hadj Haissa abrite les restes du Patron de ville qui vécut au XVIIème siècle.
- A l'ouest de Laghouat, le rocher Fromentin offre une belle vue sur la ville et la palmeraie.
Laghouat est la capitale intellectuelle du Sahara.
L'Oasis est le pays natal de nombreux poètes dont Ben Keriou (le poète spontané, émule de Lamartine).
Il y a dans cette ville quelque chose de magique : le vent bruissant dans les deux étages de végétation (palmiers et autres arbres fruitiers), les ombres des palmiers violemment calqués sur le sol desséché, la mélopée de la prière courant de sanctuaire en sanctuaire, tandis que le radieux soleil disparaît derrière les montagnes d'un magnifique bleu azur du Djébel Lazreg.
La mosquée et la palmeraie
Ain Madhi : Ksar pittoresque qui était le siège de la zaouia des Tidjania (confrérie fondée par Abou Abbis Tidjani au 18ème siècle), elle connut des années de gloire et s'étendit jusqu'en Afrique Noire.
Kourdane : à quelques kilomètres d'Ain Madhi, on y trouve l'ancien palais des Tidjani. Une grande demeure entourée de jardins à la française garde le souvenir de sa fondatrice Aurélie Picard, une Lorraine (à Arc en Barrois, dans l'est de la France) qui avait épousé au siècle dernier Sidi Ahmed Tidjani (disparut en 1897).
1870 - Si Ahmed Tidjani a 20 ans, détenteur de la divine baraka, il est le maitre de la Voie " El Tarika" car il est le fils du Grand Maitre, érudit et respecté, Mohammed es Seghir et d'une de ses concubines hartanies. Il est accompagné de son demi-frère Si Bachir.
Ils sont en France car ils avaient accepté d'aller rendre visite et féliciter les tirailleurs algériens qui s'étaient illustrés à Wissembourg (Alsace). La défaite de Sedan face aux troupes de l'Empereur d'Allemagne conduit le gouvernement à quitter Paris pour Bordeaux.
Aurélie Picard travaillait chez un député de la Haute Marne en 1870 lorsque un prince arabe : Sidi Ahmed Tidjani la rencontra et tomba amoureux d'elle, et lui demanda de l'épouser. Leur mariage fut béni par Mgr Lavigerie et par le grand Mufti d'Alger.
Devenue Lalla Tidjani, elle défendit hardiment sa confrérie et poursuivit l'oeuvre de son mari jusqu'à l'heure de sa mort en 1933 (à l'âge de 84 ans).
C’est elle qui serait à l’origine de la construction du palais de Kourdane, à quelques battement d’ailes de la zaouïa. Une construction somptueuse relativement à son époque. Le palais devait ainsi être construit à l’image de sa locataire élevée au rang de reine. «Depuis ce mariage qui, au début, a suscité des polémiques en raison des origines chrétiennes de l’heureuse élue, la zaouïa a définitivement cessé de représenter une menace au colonialisme français», ajoutera notre interlocuteur. Il ajoutera, citant les vieux de Aïn Madhi et le journaliste écrivain Roger Frison-Roche qui a consacré un livre sur cet épisode de la Tidjania, que cette «reine» avait une forte influence sur son vénéré époux. (texte recueilli sur cette page : Les zaouias entre folklore et réformisme religieux)
Kourdane se signale par de hauts cyprès, un bouquet de hauts palmiers et un vaste verger au centre duquel se dresse un pavillon hexagonal décoré de céramiques. Plus personne n'habite la maison depuis la mort de la vieille dame.
En 1986 Kourdane était encore debout. Les jardins n'étaient plus entretenus depuis bien longtemps. L'intérieur avait été respecté, le salon de nacre Syrien qu'Aurélie avait acheté à Alger en 1880 existait encore.
La photo de son cheval "El Ghazal" était encore suspendue au mur et le piano droit tronait dans le salon, ainsi que sa photo et celle de Si Ahmed. La décoration et l'ameublement illustrent le conte de fée que vécut la petite Lorraine.Le tombeau de Sidi Ahmed à quelques kilomètres de là continue à être l'objet de la piété des fidèles Tidjanis. Les non-musulmans ne sont pas admis.
La Kouba de Si Ahmed est dans le jardin de Kourdane. Elle est volontairement construite autour du pied du Betoum de leur amour. Le tronc sort par le toit. Cest Aurelie qui l'avait fait construire ainsi en 1899, l'année durant laquelle le corps de son époux avait été retenu par les Mokkadems de la Zaouia de TEMACIN.
Aurélie repose sous une dalle très sobre, dans l'ombre des arbres qu'elle a aimés, près du pavillon décoré de céramiques. Sa volonté d'être enterrée aux côtés de son mari dans la Kouba n'a pas été respectée totalement car sa tombe est à l'extérieur du tombeau mais tout à fait contigue.
Une mosaïque d'émotions :
Un jour, dit-il, revenant d'un long périple pastoral, je fais deux crevaisons. En plein désert, les rencontres, même rares, ne sont jamais laissées au hasard. Tous s'arrêtent pour m'offrir leur aide. Plus spécialement deux jeunes Algériens. Ils m'invitent chez eux, car la nuit tombe. Mais je préfère rester près de la voiture, en attente de mes confrères, avertis de ma panne. J'allume mes clignotants. Les phares d'une voiture, venant de Laghouat, m'annoncent les secours. Mes confrères ? Non ! Les deux jeunes Algériens. Ils apportent du couscous, des fruits, du thé à la menthe. Ensemble, nous partageons le rêve devenu réalité : celui de la fraternité. Je me souviens que, le dimanche précédent, l'Évangile relatait la parabole du Bon Samaritain. Qui évangélise qui ? - (Texte repris sur la page : une mosaique d'émotions)
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